Mark Z. Danielewski • la maison des feuilles

La-maison-des-feuilles-détail

J’entame les cinquante dernières pages de la maison des feuilles de Mark Z. Danielewski.
J’ai attendu l’édition en poche de février 2015 pour m’attaquer à ce labyrinthe littéraire. Entremêlant trois récits différents, mais néanmoins liés, ce roman est à la fois foisonnant, délirant, flippant, captivant et déroutant. Les trames narratives se déroulent sur les pages, dans les notes de bas de pages, hors les marges. Les mises en page explosent, les paragraphes s’alignent en bas, en haut, en spirale, les blocs de texte se déplacent de page en page, la typo devient folle, les polices de caractère prennent vie, changent, fluctuent… Danielewski nous perd dans les couloirs sombres de la maison. Tel Navidson (reporter photo – personnage basé en partie d’après Kevin Carter), je me suis retrouvé à la fois effrayé par cette demeure et à la fois hypnotisé par ce que recèlent ses corridors emplis de ténèbres. La confusion est géographique, mais aussi mentale.  Le second récit – raconté par Johnny Errand – est une lente descente psychologique, par étages de souvenirs, dans laquelle l’indicible s’immisce lentement et l’angoisse s’installe. Enfin, la troisième histoire est épistolaire et illustre lettre après lettre, la chute dans la folie de la mère d’Errand.
Lire ce roman a quelque chose du défi et du challenge. Le roman est dense (740 pages), les genres se succèdent (récits, rapports, témoignages, commentaires, essais, poésies, annotations), les degrés de lecture sont multiples, parfois cryptiques (beaucoup de références m’ont échappé). Mais en dehors de ce qui ne pourrait être qu’un exercice de style, lire la « maison des feuilles » m’aura envouté et il y avait un petit moment que je n’avais pas ressenti une telle attraction pour un roman.

Faible est le réconfort
que tirent ceux qui se désolent
quand les pensées continuent de dériver
alors que les murs continuent de bouger
et que ce vaste monde bleu qui est le nôtre
ressemble à une maison de feuilles

quelques instants avant le vent.